New-World

New World

Ysondre

Présentation


New World est une guilde familiale axée PvE du serveur Ysondre
où la bonne ambiance est la priorité.
Elle raid trois fois par semaine : les jeudis, dimanches et mardis.
Les raids ne sont pas obligatoires.

Avancée

Malgré une priorité axée sur la bonne humeur et la non-obligation des raids, la guilde a été jusqu'à tomber les quatre premiers boss en mythique de la Citadelle des Flammes infernales (avant le nerf) et se retrouver ainsi 46ème guilde du royaume.
Nous comptons faire mieux pour Légion !

Préparez-vous !

Progression


Cauchemar d'émeraude
NM HM MM
Nythendra
Il'Gynoth
Elerethe Renferal
Ursoc
Dragons du cauchemar
Cenarius
Xavius
Jugement des valeureux
NM HM MM
Odyn
Guarm
Helya

L'équipe


  • Hadèle
    Hadèle Maitresse
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    Ophan Maitre
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    Hatøre Chef Officier - Loot/Recrutement
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    Oodarkoo Officier CaC
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    Skúlz Officier Heal
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    Fantøøm Officier Distance
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    Stephane Raid Leader
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    Chouchoux Webmaster

Histoires de guilde


Introduction

Le soleil vient me caresser la joue décharnée. J'ouvre les yeux et pose le pied à terre simultanément. Je refais rapidement ma paillasse. Je me traine, le dos vouté, jusqu'à l'entrée. Dehors, de la neige, comme toujours. Mes pas d'hier ont été recouvert mais chaque jour, je retrace les mêmes chemins. Je me dirige vers le fond du domaine. Une petite cabane pour me soulager. Les latrines sont mon premier arrêt. Cette porte en bois, un peu bancale, ça fait des semaines que je me dis que je dois la réparer. Mais elle reste comme ça. Pourtant ce n'est pas le temps qui me manque. Peut-être juste l'envie. Je vais me baigner et me rafraichir près de la cabane de pêche. Je plonge ma tête sous l'eau. J'observe, sans bouger, les poissons. Esturgeons jaunes aveugles, grangousiers des abysses et mes préférés les hokis des flots noirs. Lorsque ma peau commence à être détrempée et mes yeux fatigués et délavés par l'eau, je me décide à sortir. Je m'approche de l'arbre, je cueille une pomme vertepeau. Le jus coule dans ma bouche. J'emmène avec moi une poire duveteuse, sait-on jamais, si j'ai un petit creu... Je passe ensuite devant ma grange. Je nourris mes bêtes, mes belles montures. Je m'attarde particulièrement auprès de l'Aile de l'effroi corrompue. Il faudrait peut-être que je pense à lui donner un surnom. Je la caresse et lui murmure à l'oreille des mots encourageants. Mais rien y fait, elle me boude. Je sais qu'elle veut sortir. Prendre l'air, voler, découvrir le monde. Je rentre dans mon bastion. Je sens le regard de Zog et de Ukambe, mais je ne dis rien. Je n'ai pas de plan de bataille, aucune stratégie. D'ailleurs il n'y a plus aucune menace. Je m'assieds sur un tabouret.

Cela fait six mois. Six longs mois que je n'ai pas bougé de chez moi. Que chaque matin, la même routine. Six mois que je n'ai pas mis le nez en dehors de mon fief. Archimonde est mort. Nous l'avons terrassé. Ensuite, après une courte période d'euphorie, nous sommes rentrés chez nous. Chacun de son côté. Certains sont partis courir d'autres continents, parcourir le vaste monde. Moi, je suis restée chez moi. Au début, j'ai profité du calme, de la sérénité et de la paix, toute relative bien sûr, qui régnait en Draenor. Souffler un peu, me poser, après cette course contre le mal. J'avais donné toute mon énergie dans cette bataille. J'étais fatiguée et j'avais besoin de me ressourcer. Mais désormais, le temps me semblait long. L'inactivité me pesait. Repartir à l'aventure? Mais dans quel but? Il restait bien quelques détails à régler mais rien d'essentiel. Je tournais donc en rond. Seule. J'avais pansé mes blessures. Mon épaule s'était rétablie. Au début, je gardais mon armure et mes armes. Je maintenais un entrainement. Mais petit à petit, je me suis délestée de ma carapace. Je ne risquais rien entre mes murs.

J'étais plongée dans mes pensées, dans mes souvenirs de bataille et de rencontre. Je repensais non seulement aux aventures vécues mais surtout et avant tout à mes compagnons de route. Cette victoire et cette paix, nous les avions obtenues en collaborant, en nous entraidant. Nous avions unis nos forces, nos idées, nos compétences et grâce à elles, nous y étions arrivés. Je repensais donc à mes amis, lorsque j'entendis du bruit dehors. Je sortis précipitamment. Il n'y avait personne. Derrière moi, le serviteur de Khadgar me regardait. Un message de l'Archimage. Curieuse, je le parcourus rapidement. La Légion était à nos portes, aux portes d'Azeroth. Notre monde était en danger. Vite, il fallait rejoindre Dalaran. Je refermai la missive. Un sourire se dessina sur mon visage triste et morne. Je descendis l'allée : « Yorn ! Yorn ! Mes armes ! Mon armure ! » Enfin de l'action. Mais cette bataille ne serait pas la mienne, mais la nôtre. J'étais certaine que les autres avaient également reçu l'appel de Khadgar mais je préférais m'assurer de leur présence. Une fois préparée, victuailles et monture prêtes, j'écrivis à mes compagnons. Tous ne répondront pas à l'appel mais il fallait tenter. Ophan, Vigoo, Hatore, Darko, Poivre, Sucubae, Mushu, Kanto, Elkelb, Ragna, Thyran, Rapp, Mackdo, Yojimbo et les autres. Tous. Il me fallait tous les contacter. Il fallait qu'ils reviennent. Pour se battre, pour la paix. Il fallait à nouveau nous unir. Unir nos forces. Pour la Horde !

J'avais répondu à l'appel de Kadghar et désormais j'arpentais les Îles Brisées. J'allais là où mes pas me menaient. Partout c'était la corruption et généralement la dévastation. Les peuples de ce monde avaient besoin de mon aide. Pour se rendre utile, il n'y avait que l'embarras du choix.

C'est comme ça que je me retrouvais près de Jarod Chantelombre à Val'sharah. Le voyage m'avait fatiguée et l'aide apportée déjà à gauche, à droite, les monstres tués, les carpes remises à l'eau, les tomes ramassés. J'avais écouté les plaintes, j'avais rendu service. J'étais désormais abrutie. Taper, taper. Donc j'écoutais d'une oreille très peu attentive ce que Jarod m'expliquait à propos de la prison, de Maiev, d'un geôlier et de ses clés. J'étais plutôt fascinée par la longueur de ses oreilles. Est-ce que, comme pour les humains, les oreilles des elfes continuent à grandir toute leur vie? Est-ce que les très vieux elfes ont des oreilles encore plus grandes? Je compris d'un signe de tête que Jarod prenait congé de moi. Il m'indiqua le chemin. Je montai sur mon destrier et je filai dans la direction. Le cheval était au galop, lui aussi un peu abruti par les batailles, il avançait en mode automatique.

Lorsque, soudain, nous tombons, lui et moi, dans une cour intérieure. Au milieu de celle-ci, une grande statue d'aigle. Majestueux. Heureusement, aucun dégât pour nous. Il nous faut juste trouver une issue. Je jetai un coup d'œil à droite. Rien. A gauche. Pas plus. J'avançai. Je trouvai une grille. Je l'ouvris et me faufilai à l'intérieur d'un bâtiment. Je montai quatre à quatre les escaliers. En haut, une porte. Fermée. Dommage. Il me faut rebrousser chemin. Je ressors dans la cour. Je prends ma carte pour pouvoir m'orienter. Le geôlier devrait être ici il me semble. A moins qu'il ne soit en hauteur, dans un bâtiment, en sous-sol. J'aurais peut-être dû davantage m'intéresser aux propos de Jarod plutôt qu'à ses oreilles... Trop tard. La première chose à faire, c'est de sortir d'ici. Mais je tourne en rond et je ne trouve rien. Pas la moindre issu. Je m'énerve. Je peste. Comment ai-je été assez bête pour me retrouver dans cette prison à ciel ouvert ! Je perds mon temps. Un temps précieux quand on sait que la Légion, elle, gagne du terrain.

Bon, je ne vois qu'une solution. J'incante rapidement une porte de la mort et je me retrouve enfin chez moi. Le fort d'Ébène. Lugubre mais calme. Il n'a qu'à se débrouiller tout seul ce Jarod. Non mais il m'a prise pour son larbin? Et puis je ne le trouve pas son Araxxas. J'en ai fait assez. Je reste ici. Après tout cet énervement, le silence me procure beaucoup de bien. Petit à petit, je me rends compte de ma bêtise. Bien sûr qu'il faut que j'y retourne. Jarod ne sait même pas ce qui m'est arrivé. Je dois l'aider et aider Maiev. Un peu de concentration. Il suffit de ne pas retomber dans cette arène. Ca doit quand même être dans mes capacités. Puis, je trouve ce geôlier, je le tue, je prends ses clés sur son cadavre et on n'en parle plus. Allez !

Je voyage jusqu'à Val-Sharah. Remotivée. Je passe devant Jarod qui me lance un regard dubitatif. Je ne prends pas le temps de lui expliquer et de me ridiculiser. J'avance. Sur mon cheval. Un peu vite. Lorsque soudain, une vision me frappe. Comme un air de déjà-vu. Je tire sur les rennes de mon destrier. Je l'arrête net. A deux centimètres de la cour en contre-bas. Je recule, doucement, calmement, pas de geste brusque. Je suis passée à deux doigts d'une belle bourde ! Je contourne l'arène vers la droite. Bloquée. Je vais par la gauche. Sans issue. Je redescends les escaliers et contourne vers l'extérieur. Trop loin. Je vais de l'autre côté. Je tombe nez à nez avec de grosses panthères affamées. Aïe. Ce n'est pas ici. Mais il est où ce geôlier !!! Je m'arrête, désespérée. J'essaye de me rappeler les mots de Jarod. « L'entrée de la prison est gardée par un geôlier redoutable. Terrassez Araxxas, prenez les clés et rejoignez-moi à l'intérieur. » Donc l'entrée. Je refais un tour. Sans tomber. A gauche. A droite. Non rien. A l'aide ! A l'aide ! Quelqu'un doit bien savoir... Tout à coup, j'aperçois une silhouette familière. Sa queue balance régulièrement. Son pas est lent mais assuré. J'ai toujours eu une aversion pour le lenteur des taurens. Mais ce sont des êtres formidables, surtout pour ce qui est de l'entre-aide. « Kurkuma ! Kurkuma ! » Dès mon appel, la taurène freine des sabots. « Toi, ici? Ca fait longtemps ! Je me demandais si tu allais rejoindre notre cause. » Il est vrai que mon absence en avait fait douter plus d'un. Mais j'étais de retour avec la rage au ventre. « Tu sais où se trouve Araxxas? » Alors, Kurkuma me raconte qu'elle aussi était tombée dans l'arène. Elle me fait un peu la morale sur mon peu d'écoute. Et finalement m'explique en long et en large quel chemin emprunter jusqu'à l'entrée de la prison. « Merci, Kurkuma, tu me sauves. » Mais la taurène est déjà loin. Mue par le désir d'aider un maximum de personnes dévastées par la Légion. J'y retourne. Motivée. Cette rencontre m'a requinquée. Je retrouve la cour intérieure. Et puis, qu'est-ce que Kurkuma m'a dit. J'avais écouté. Mais peut-être pas très attentivement. Il faut dire que sa queue qui fait balancier me donnait envie de dormir, comme le pendule d'un hypnotiseur. Donc, elle m'a dit droite et là il y a un passage. A moins que ce ne soit gauche? Un passage? Où ça? Kurkuma? Kurkama?! Au loin, elle me répond : « C'est bon j'arrive. » Je cherche encore. Ah là ! Le passage et en haut le geôlier ! « J'ai trouvé, Kurkuma, merci. » Et je l'entends grommeler quelque chose comme quoi c'est toujours pareil, une fois qu'on arrête ce qu'on fait pour filer un coup de patte, c'est à ce moment-là qu'on trouve et qu'on n'a plus besoin d'aide...

Je cours sur Araxxas. Je lui tranche la tête avec mon épée. Je fouille ses poches et lui prends la clé. Il git face contre terre, sa cage verte sur le dos. Je crois que j’ai besoin d’un petit somme.

J'avais entendu l'appel. Qui ne l'avait pas entendu d'ailleurs? Comme toujours, j'y avais répond. J'avais déjà proposé mon aide dans les différentes régions des Îles brisées. J'étais dans les rangs des défenseurs de notre monde, de notre peuple. Pour la Horde ! Toujours. Comme à chaque fois.

Rapidement, j'avais rejoint mon domaine, ma famille de sang. Le lieu était lugubre mais je m'y sentais chez moi. Ce lieu si longtemps déserté, vide. Il avait retrouvé un peu de vie et d'animation. Je promenais mon regard autour de moi. Il y avait du monde. Tous comme moi. Tous venu défendre les leurs. Mais j'avais beau regarder, je ne connaissais personne. Nous appartenions cependant tous à la même famille. Mais j'étais étrangère.

Je cherchais un visage connu. Je cherchais Ragna, mon fils adoptif. Je fis le tour du domaine. Mais nulle trace de lui. Je serrai quelques mains, parlai par politesse. J'étais inquiète. Soit il était déjà reparti pour les îles brisées, soit il n'était pas encore arrivé. Je ne pouvais cependant pas l'attendre. Chaque minute à trainer ici était du temps perdu. Je m'étais fait une joie de le revoir. J'espère qu'il ne lui était rien arrivé. Ma décision était prise. J'étais prête. Je pris mes affaires et franchi le seuil.

Une main m'agrippa. « Je pars avec toi ». Je souris. Bien sûr. Je ne l'avais pas vu. Dragos, il avait combattu à mes côtés et voulait se joindre à mon groupe pour cette nouvelle bataille. Toutes les aides étaient les bienvenues. La tâche serait ardue. Un allié de plus c'était un espoir supplémentaire. Mais je ne voulais pas trainer. Il fallait au plus tôt retrouver les miens et organiser l'attaque. J'envoyai des missives. Nous avions rendez-vous à Val'Sharah. Non loin du Cauchemar d'Emeraude.

Lorsque j'arrivai, ils étaient déjà tous là. Prêts à combattre. J'étais heureuse de les retrouver. Tous avaient répondu à mon appel. Hatore et Darko : le couple de gobelins le plus charmant de tout Azeroth. Elle cupide et lui obsédé. Poivre : une encyclopédie vivante. Vigoo : un orc aux allures de brute mais au cœur tendre et sensible. Skulz : un troll discret et toujours prêt à donner un coup de main. Kanto et Mushu, les inséparables : la langue bien pendue et toujours souriants ! Succubae : calme, zen, jamais un mot plus haut que l'autre. Plus que de simples compagnons, ils étaient devenus ma famille. Certains nouveaux avaient également répondu présent et je m'en réjouissais : Zarkhan, Odone, Sarah, Tyrannus. Et puis quelques vieilles têtes avaient refait surface : Yuhi, Boutox, Tharanis. Pour combien de temps? Odyn seul le sait !

Je les regardais. « Vous avez eu des nouvelles de lui? » Pas besoin de préciser, ils savaient très bien de qui je parlais. Hatore s'avança : « On espérait que toi tu en aurais. » Je me retournai, scrutai l'horizon. A droite. A gauche. Droit devant. Aussi loin que pouvait porter mon regard. J'espérais le voir débarquer. Et je désespérais. Avait-il reçu mon message? Etait-il toujours en vie? Je baissai la tête. Je fermai les yeux. Vigoo mit sa grosse patte d'orc sur mon épaule décharnée en signe de sympathie. Aucun n'osait parler. « Regardez », dit Hatore. Un nuage de poussière s'élevait en effet de l'horizon. Petit à petit, il n'y eu plus aucun doute. La poussière laissa place à un gros ours. La gueule ouverte, les griffes sorties, les yeux pétillants. Un soulagement.

Ophan s'assit devant moi avec un petit sourire en coin. Je remarquai une grosse cicatrice sur le haut de sa tête. La blessure était refermée mais on pouvait deviner qu'elle avait été importante. « Ne t'inquiète pas pour ça », m'a-t-il dit en suivant mon regard. « C'est une longue histoire. Je te la raconterai peut-être un jour mais disons que j'ai joué avec la mort. » N'était-ce pas l'histoire de notre vie? Nous jouer de la mort. Heureusement, nous étions pour l'instant, toujours vainqueurs et la mort n'est pas mauvaise perdante. Surtout avec le tas de cadavres que nous laissions derrière nous après chaque bataille, elle n'était pas en reste.

Le groupe était désormais au complet. La contre-attaque pouvait commencer.

Nous nous étions réunis pour mieux nous organiser mais très rapidement nous avions dû nous séparer. Former de plus petits groupes. Les tâches étaient nombreuses avant de pouvoir nous mesurer au Cauchemar d'Emeraude. Les trésors d'Azshara m'attiraient. Sur les côtes d'Azsuna, les nagas veillent et invoquent l'incarnation de l'ancienne reine d'Azshara. Il nous faut à tout prix arrêter cette incantation.

Pour cette première épreuve, je demandai l'aide de Skulz. Ce grand troll, au dos vouté, à la crête flamboyante. Une silhouette atypique, reconnaissable entre mille. Un corps qui se montrait mais un caractère qui laissait la place aux autres. Un corps de guerrier, les défenses longues et pointues. Mais un esprit tout entier tourné vers les soins, l'apaisement des corps, la nature. Quel contraste. Je connaissais ses compétences. Un des meilleurs druides de ce monde. Mais au-delà de son savoir, j'appréciais davantage son optimisme et son soutien. Vigoo nous avait rejoints. J'avais besoin autant de ses judicieux conseils que de ses haches ! Durant les combats, sa force et ses coups n'avaient d'égal que le flux de ses paroles. Les analyses, les stratégies, les théories, fumeuses parfois, avérées souvent. Vigoo nous avait présenté Bloody, un voleur aussi doué que l'orc mais d'un naturel beaucoup plus discret. A moins que ce ne soit dû à sa classe. Deux chasseurs de démon complétèrent le groupe. Ces nouveaux alliés connaissaient le territoire mieux que quiconque. Tyrannus avait rejoint notre groupe très rapidement. Yuhi nous l'avait présenté et il n'avait eu aucune peine à s'intégrer. La présence du second n'était que le fruit du hasard.

A peine arrivé sur place, l'humidité collait à la peau. L'air était rempli d'eau et d'électricité. Une ambiance toute particulière régnait en ce lieu. Devant nous, des nagas, ils étaient légion. « Pst ». Skulz était sur ma gauche, au-dessus de rocher. « Viens par ici. » Je le suivis. Nous évitions ainsi le gros de la troupe. Le but n'était pas de tous les massacrer mais bien de couper la tête de l'hydre. Pourvu qu'il n'en repousse pas. Très rapidement, je pris mes marques et arrivai près du seigneur de guerre Parjesh. Devant moi se tenait un naga de deux fois ma taille. Une immensité bleue, à la crête verte, aux épaules flamboyantes. Nos épées devraient transpercer ses écailles, une véritable carapace. Lorsqu'il nous repéra, il fonça sur nous. Nous l'attendions. Il me faisait face mais Parjesh n'avait pas remarqué Bloody. Avec une grande discrétion, il s'était faufilé derrière le naga et lui planta ses dagues en dessous de ses écailles. Parjesh voulu se retourner mais je maintenais son attention sur moi. Vigoo continuait à abattre ses haches sur la masse bleue. C'est alors que Parjesh appela du renfort. Deux de ses sous-fifres arrivèrent : une magicienne et un guerrier. Mais le naga pouvait bien appeler toute sa troupe, notre rage était plus forte. Petit à petit, Parjesh faiblit. Tyrannus lui asséna un coup tranchant dont il ne se releva pas. Le combat avait été rude. Les soins de Skulz avait été déterminants. Mais l'objectif final était encore loin.

Tout en nous dirigeant vers la Dame Glissefiel, en exterminant quelques nagas au passage, Vigoo nous indiqua un escargot, énorme, qui cachait dans sa coquille un trésor, probablement inestimable. Ce ne serait pas un long détour et le gain en valait la chandelle. Je fonçai, tête baissée sur le gastéropode. Mais à notre grande surprise, sans comprendre d'où le coup était venu, nous nous sommes tous retrouvé extrêmement faible. Directement à l'article de la mort. Mes forces me quittaient, ma vision se brouillait. Comment cet escargot avait-il un si grand pouvoir? Je m'étais tourné vers Skulz, mais lui aussi était faible. La tête me tournait. Je perdis connaissance. Lorsque je revins à moi, l'escargot me montait sur les bottes. Sa bave gluante et verte se collait à mon armure, elle s'insinuait jusqu'à toucher ma chair qui brulait. Les soins que Skulz me prodiguait n'y changeaient rien. Vaincre un chef de guerre naga pour mourir face à un escargot. Quelle triste fin. Elle ne pouvait pas être la mienne. Heureusement, mes compagnons vinrent à mon secours et la bête agonisa avant moi. Ne jamais sous-estimer la force de son ennemi. Même s'il est lent, sans arme, il peut provoquer d'énormes dégâts. Dans notre cas, il nous rendit plus fort. Il nous avait remis à notre place, celle de simple mortel. Malgré toutes nos victoires, nous ne sommes pas à l'abri d'une défaite.

C'est alors que nous arrivâmes près de la sorcière des mers. Ayant appris de nos erreurs et de notre trop grande confiance en nous, peut-être même de notre arrogance, nous avons davantage analysé notre adversaire. Se mettre sur un petit lopin de terre lors de son attaque nova statique et nous mouiller les pieds pour contrer tonnerre crépitant. Notre vigilance nous sauva de l'électrocution. Nous terrassâmes la naga échevelée assez rapidement.

Vint le tour du serpent. Dans son trou d'eau, droit comme un i, il nous attendait. Nous engageâmes le combat. De plus en plus forts, de plus en plus alertes. Serpentrix paraissait sans grande difficulté. Quelques flaques de poison à esquiver. Une bagatelle. Lorsque soudain, Vigoo cria : « Il y en a deux autres ! D'abord le rouge et puis le bleu ». Trois horribles lombrics, la tête dans le ciel, nous faisaient face. Heureusement, haches, épées, dagues et autres armes tranchantes, aiguisées, affutées, rendaient les coups, pénétraient les chairs, déversaient le sang. Quelques minutes plus tard, le corps sans vie de Serpentrix gisait dans son trou, son unique œil tourné vers nous.

Je suivais toujours Skulz qui m'indiquait chemins et raccourcis, patrouilles et incontournables. Nous passons dans une grotte pour ressortir sur une plage, monter une colline et arriver face à des géants. Tout proche, le Roi Barbe-Fond. J'étais prête à lancer l'assaut lorsque j'entendis la petite voix de Skulz : « Tuez la mouette! » La mouette? Quelle mouette? En effet, un gallinacé volait près de sa chevelure rouge. Pas besoin de tuer un oiseau. On en a déjà assez fait avec l'escargot non? Autant l'éviter. « Non, non, il faut la tuer. Durant le combat, elle me désoriente, je ne peux me concentrer. » Je souris. Je suspectais davantage une aversion profonde pour ces petites créatures ailées, une phobie peut-être, qu'un réel danger. Mais que ne ferions-nous pas pour le confort d'un des nôtres... Je brandis la hache et d'un coup sec, terrassa le volatile. Mais il avait tout de même eu le temps de me déboussoler. Saleté de piaf ! Je commence à comprendre que le moindre détail peut faire la différence dans notre quête et qu'il ne faut rien laisser au hasard. Barbe-Fond était peut-être grand et ses poings puissants mais à croire qu'il n'avait pas l'intelligence d'une mouette. Le combat se résuma à taper et à esquiver. Mes compagnons firent tout le travail, perdue dans mes pensées, les petites bêtes commençaient à hanter mon esprit.

C'est à peine si je remarquai la fin du combat et la victoire écrasante de notre groupe. Nous y étions arrivés. Non sans mal, non sans quelques égratignures. Des blessures du corps superficielles, mais celle de l'esprit étaient plus durables. Il ne nous restait plus qu'à affronter le Courroux d'Azshara. La colère de l'ancienne reine tourbillonnait. Elle soufflait, soulevait vents et vagues. Nous étions pris dans la tempête, dans le tumulte des éléments. Cette terre avait besoin de repos, de retrouver la paix. À nous cinq, en unissant nos forces, notre savoir, notre intelligence, nous mîmes fin au règne. Azshara ne reviendra pas, ses trésors sont à nous. Nous avions arrêté l'incarnation, l'avancée des nagas étaient désormais un souvenir. Victorieux de cette première véritable épreuve, beaucoup d'autres encore nous attendaient.

Nous avions rendez-vous à Dalaran, devant l'entrée du Fort Pourpre. L'un terminait une expédition, l'autre engueulait Nomi, son apprenti cuisinier, le troisième revenait de son domaine de classe ou que sais-je. Moi je poireautais en attendant. Je m'assis sur un muret et attendis, silencieuse. Lorsque soudain, je vis une ombre longer le mur. Je me redressai, vivement, la main au fourreau. Sans bouger, je guettais. Et une petite truffe pointa le bout de son museau. Un loup. J'étais seule, la ville était calme, la bête semblait errer. Elle me regarda, mi curieuse, mi craintive. Elle attendait une réaction, un geste de ma part. Je m'accroupis et tendis une main vers lui. Alors le loup s'avança, prudemment. Je caressai le haut de sa tête. La bête se rapprocha. Je touchai son dos, son flan, son ventre. Le loup posa sa tête sur mes cuisses. La gueule entre-ouverte, il commença à baver. Je vis passer une étincelle dans ses yeux. D'un bon, je me remis sur pied : « Zeneca ! »

Dans un éclat de rire, le loup s'était alors transformé en un grand troll. « Tu en as mis du temps ! » En effet, comment n'avais-je pas reconnu plus tôt ce sourire béat, cette attitude nonchalante. Le troll aux longues rastas esquissa quelques pas de danse et continua de rire avec sa voix de fumeur de havane. Zeneca, l'Alpha et l'Omega. Le tout et son contraire : fidèle et inconstant, sérieux et déjanté, sensible et insouciant. Il avait été l'un des nôtres, il faisait partie de la famille et pourtant s'en était écarté. Il avait cette liberté et cette joie de vivre qui remonte le moral des troupes lorsque l'on a vu trop de guerres, trop de carnages. Une jeunesse et une insouciance rafraichissante. Malgré sa décision de s'éloigner, j'étais heureuse de le retrouver. J'avais compris qu'il ne fallait rien attendre d'un troll comme lui et du coup, on ne pouvait qu'être agréablement surpris. Entre temps, les autres nous avaient rejoints : Yuhi, la belle blonde peroxydée, Mushu, le guerrier aux multiples facettes et Odone, le chasseur sachant chasser sans son chien.

Le Fort Pourpre, le cœur même de Dalaran, une prison, d'où s’échappent un peu trop souvent les prisonniers. Ne vaudrait-il pas mieux éloigner un maximum les êtres dangereux, plutôt que de les garder au cœur de la ville? Les prisonniers étaient, pour la plus part, des alliés du Roi Liche. Avec l'aide de la Légion, ils désirent se libérer de leurs chaines et mettre à sac notre cité mais également notre espoir. Mes compagnons et moi-même étions prêts à remettre ces monstres en cage ou à leur faire passer l'arme à gauche si nécessaire.

A l'intérieur du Fort, nous affrontons des vagues d'ennemis, la Légion, encore et toujours. Des vagues sans fin. A chaque mort, il en revenait d'autres. De la chair à canon. Pour un tué, il en revenait trois. Des portails, les uns à la suite des autres, sans fin. La dague, les épées, les haches, les flèches, sans relâche, transperçaient les têtes, les cous, les cœurs. Nos armes s'abattaient sans répit sur l'ennemi. Toujours plus nombreux. Jusqu'à ce qu'une créature échappe à notre vigilance et ouvre, rapidement, la prison de Gueule-Purulente. Un géant, immense et informe, s'avança. Il avait été le fruit du professeur Putricide. Une expérience répugnante. Le Kirin Thor l'avait enfermé au Fort pour plus de précaution. Gueule-Purulente ne tarda pas à montrer toute l'inventivité et le gout douteux de son maitre. L'immonde bête commença à vomir. De sa gueule sortit une substance verdâtre, probablement nocive. Tous nous avons eu le réflexe et la chance de ne pas être touché par la bile corrosive du monstre. Mais Gueule-Purulente ne s'arrêta pas là. Il lécha et avala à nouveau son crachât. Toute la poésie de Putricide se lisait dans son œuvre. Mushu ne tenait plus. Il parla, sans arrêt, peut-être pour combler la stupéfaction et le manque d'humanité qui régnait dans ce lieu, dans cette chose. Il divaguait : « Mais il n'a pas de barbe ! Il aurait pu lui donner un peu de pilosité, un peu de virilité ! » Mushu, obsédé par les crânes chauves et les barbes fournies. Les coups s’abattaient, le délire amplifiait. Puis, rapidement, la fin. La créature s’étala de tout son long sur le sol. Dans un dernier râle. La fin du flux de bile et de parole. Essoufflée, une main sur la bouche. Je jetai un rapide coup d’œil sur le gobelin. La tête baissée, il avait appréhendé l’horreur à sa manière : « Même pas une petite barbichette. »

Puis la cadence repris. Infernale. Les démons. Par petits groupes. Ils essayaient de nous déborder. Mais sans succès. Nous étions déterminés. Rien ni personne ne sortirait de cette prison. Pourtant ce fut le tour de Froidegueule d’être libéré. Le dragon bleu s’avança. Imposant. La légende raconte qu’il serait un des rejetons de Sindagrosa. Les dragons devraient arrêter de se reproduire... Des souffles, des coups de patte, de griffe. Il me faisait face. Trois têtes au-dessus de la mienne, les yeux brillants, je pouvais sentir son haleine de givre. Il me glaça le sang. J'entendis la voix de Zeneca : « Monte vite sur l'escalier ». Trop tard. J'étais prisonnière. Prison de glace, je pouvais observer mais plus bouger. Cette sensation. Ce froid. Des souvenirs me revinrent. Les neiges de Norfendre, la Couronne de glace, mon ancien maitre le roi Liche. J'avais été son bras droit puis j'avais retourné ma veste. J'avais choisi la justice plutôt que l'oppression. Mais ce froid intense avait rouvert une blessure profonde. Mes compagnons me libérèrent. Mon sang se réchauffa, ma haine grandit. Les coups pleuvaient. Le dragon courba l'échine et finit par s'incliner.

Les vagues d'ennemis revinrent. Encore et encore. Lassante et incessante. Faudra-t-il anéantir la Légion tête par tête? Dans nos automatismes, nous n'avions pas prêté attention à la prison de Kaahrj. Il s'était libéré et l'écorcheur utilisait ses pouvoirs contre nous. Nous combattions l'aberration d'Ulduar. Des flashs. Les machines de guerre, les géants, les titans, le dieu Yogg-Saron. Cette époque était déjà si lointaine. Depuis, les combats s'étaient succédé. Je n'avais plus repensé à ces temps reculés. Mes débuts. J'étais alors jeune ressuscitée. Forte de ce renouveau, reconnaissante envers mon maitre. Avide, impitoyable. Que les guerres avaient été âpres, que les ennemis avaient été nombreux. Au final, rien n’avait changé. Nous nous battons toujours pour la paix et la justice mais aucune évolution. Notre cause était perdue. Perdue dans le froid du trône de glace. Trahie, blessée. « Hadèle ! » La voix sulfureuse de la belle paladin m'avait ramenée à la réalité. J'esquivai, me jetai à terre, vit la tête du monstre se pencher près de la mienne. Et la flèche se planta juste entre les yeux. L'abomination tomba, j'eus juste le temps de me retirer. La paix était peut-être toujours à renégocier mais elle valait tous les combats du monde, celui-ci comme les autres.

Après quelques souffres douleurs, le commandant Betrug arriva. Visiblement mécontent de la tournure de son plan. Je présume qu'il n'avait pas pensé que nous serions sur son chemin. Le démon fondit sur nous. Le combat tourna rapidement à notre avantage. La rage du Gangresseigneur amplifia. Il nous repoussa d'un bon. Nous étions loin, il fallut courir, traverser la salle, revenir près de Betrug pour lui taillader la peau violette et faire couler son sang vert gangrené. Sa dépouille était à terre. Les vagues s'étaient arrêtées. Les portails s'étaient refermés. S'en était fini. J'entendais à mes côtés, les respirations haletantes. Mais soudain elles s'arrêtèrent. Le souffle coupé. « Odone? » La détresse s'empara de moi. Le chasseur gisait lui aussi, à terre, les bras entravés. Le démon l'avait emprisonné et nous n'avions pu le délivrer à temps. Je m'approchais du corps sans vie, les yeux ouverts sur le plafond pourpre. Un genou à terre, je posai ma main sur son visage. « Adieu ».

Les épreuves ne sont pas toujours les combats en eux-mêmes mais sont davantage des batailles intérieures. Des souvenirs anciens, enfuis profondément, étaient revenus à la surface. La perte de l'un des miens. Nous risquions nos vies, nous l'oubliions trop souvent. Parfois la réalité nous rattrape.